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Ultra-marathon : du 50 kilomètres aux 6 jours de courses

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L’ultra-marathon est une discipline de course à pied proposant plusieurs épreuves de distances supérieures à 42,195 kilomètres. De plus en plus populaire en Europe et Amérique du Nord (près de 85 % des courses organisées), cette compétition a vu le jour au début des années 1970 pour atteindre une massification très forte depuis 1995.

De plus en plus de personnes se tournent vers de nouveaux défis et choisissent de continuer à s’entraîner de manière intensive malgré un âge avancé. Par conséquent, de nombreuses données épidémiologiques sont disponibles et constituent un modèle expérimental pour le milieu de la recherche qui étudie les effets du vieillissement sur les fonctions physiologiques.

 

      

Figure 1 - Évolution annuelle du nombre de coureurs et coureuses (A) et répartition de ces athlètes en fonction de l’épreuve (B). © IRMES

 

L’ultra-marathon, une discipline épuisante…

Si le marathon est l’épreuve la plus longue du spectre athlétique, que dire des 1 036 kilomètres parcourus par Yiannis Kouros, actuel détenteur du record du monde de l’épreuve des 6 jours. C’est en 2005, du haut de ses 49 ans, que le coureur grec, naturalisé australien, devient l’homme le plus rapide sur cette distance en franchissant la barre mythique des mille kilomètres, seulement réalisée à ce jour par six  coureurs,  âgés  de  46  à  57 ans. Il est, à ce jour, l’un des plus grands coureurs d’ultra-marathon avec six records du monde sur l’épreuve du 12h, 24h, 48h, 1000 kilomètres, 1000 miles et les 6 jours.

 

« ...des dommages musculaires et des réponses inflammatoires très élevés. »

 

Pour venir à bout d’un tel effort, les coureurs doivent continuellement faire face à plusieurs  signaux, liés à la douleur, en provenance des muscles, articulations, tendons, organes digestifs (Martin et al. 2010). Ces derniers subissent en effet de grands  stress  physiologiques  et un  déficit  dans la récupération pendant une longue période après la compétition. Certains auteurs (Nicolas et al. 2011) ont montré qu’une période de deux semaines suite à une course de 24 heures, était nécessaire pour la récupération afin que l’organisme retrouve des valeurs physiologiques normales.

 

En effet, ce type d’exercice physique induit des dommages musculaires et des réponses inflammatoires très élevés. Des prélèvements sanguins effectués sur 60 coureurs d’ultra-marathon ont montré que les valeurs de créatine kinase* (témoignant de   lésions tissulaires) atteignaient 5 100  IU/L après 308 kilomètres de courses alors que ces concentrations plasmatiques basales  varient normalement entre 25 et 195 IU/L (Shin et al. 2013). Ces mêmes variations ont été retrouvées significativement sur les niveaux d’interleukine  6 et 10, protéines impliquées dans l’inflammation et les lésions articulaires.

* Créatine kinase : Enzyme et protéine nécessaire aux cellules musculaires de l’organisme pour réaliser différentes réactions chimiques.L’augmentation de créatine kinase dans le sang témoigne alors de lésion musculaire.

 

… mais de plus en plus attrayante

Cependant,  en proposant des épreuves sur plat telles que le 50 km, 100 km, 6 heures, 12 heures,  24 heures, 48 heures et  les  6 jours, l’ultra-marathon devient de plus en plus populaire en passant de quelques centaines de coureurs au milieu des années 1970 à près de 45 000 athlètes annuels (dont  9 000 femmes) depuis 2012.

 

Pour  les deux sexes, le 100km et le 50km restent les épreuves les plus disputées sur l’ensemble des continents à l’inverse des 48 heures et 6 jours de courses, qui, pour des raisons d’organisation  et de contraintes physiologiques, ne sont accessibles qu’à une centaine d’athlètes chaque année.

 Malgré cette massification de l’ultra-marathon, l’Europe est de loin le continent présentant le plus  grand nombre d’athlètes (70% pour les hommes et 60% pour les femmes), devançant les coureurs et coureuses issus d’Afrique (8 %), d’Asie (8%) et d’Amérique du Nord (8% pour les hommes et 18% pour les femmes). /...

 

Pour lire la suite du dossier « Ultra-marathon : du 50 kilomètres aux 6 jours de courses », cliquer ICI

Dossier réalisé par Andy Marc et Julien Schipman, Ingénieurs de recherche en épidémiologie du sport à l’IRMES (INSEP) publié dans RéflexionSport #11.

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